mardi 19 mai 2009

Ho Chi Minh Ville (HMCV)

Apres tout ce que nous avions entendu de desobligeant sur HCMV, nous sommes debarques de l'avion armes de la plus grande mefiance et psychologiquement pares pour affronter les pires desagrements. Circulation chaotique, pollution, escroqueries, celle que tous (sauf les officiels) appellent encore Saigon ne jouit pas d'une reputation tres flatteuse, loin de la. Et pourtant, apres y avoir passe deux bonnes journees, nous l'avons quittee avec le sentiment que notre voyage au Vietnam commencait plutot bien et finalement, nous en pensons surtout du bien. Ce serait faux de dire de HCMV qu'elle est un endroit paisible. Chaque jour, 3 millions de motos sillonnent ses rues. Mais la circulation, certes tres dense, prend moins l'allure d'un chaos desesperant que de ces bancs de poissons qu'on voit dans les documentaires animaliers, qui nagent tous ensemble sans jamais se toucher, dans une harmonie presque magique. Aussi, contrairement a nos attentes, HCMV est plutot propre: pas de dechets par terre (il y a d'ailleurs des poubelles ici et la), pas d'odeur desagreable d'egouts, des espaces verts, des toilettes publiques nickels, des chambres d'hotel et des restos tout aussi nickels, et a la fin de la journee pas de pressant besoin de nous moucher pour extraire la poussiere noire de nos narines, comme nous le ressentions dans les autres villes. En fait, a bien des egards, les Vietnamiens d'ici semblent au diapason de certaines normes occidentales en matiere de proprete, d'efficacite et de service a la clientele en general. Contrairement a partout ailleurs, la bienseance et la courtoisie telles que nous les concevons chez nous paraissent tres importantes ici, longue presence coloniale oblige. C'est en tout cas l'impression qui nous est restee des musees, cafes, restos et meme du salon de coiffure que nous avons frequentes, ou tout le monde s'est montre tres "professionel" et attentif a nos moindres besoins, parfois avant meme que nous en soyions nous-meme conscients. A table, nous nous sommes sentis a mi-chemin entre le souci du detail des sushis japonais et le plaisir gourmand des tapas espagnols, comme quoi les Vietnamiens sont de fins gourmets. Nos soupers (et nous continuons de frequenter les etablissements les moins chers) se sont presentes comme une succession de petites bouchees qui se degustent d'abord avec les yeux, ensuite avec les papilles. Des bonbons. Nous avons donc bien mange a HCMV mais comme nous etions tout fraichement arrives au Vietnam, nous avons pense qu'il serait aussi bon de parfaire notre education en mettant a profit les musees de la ville. D'entree de jeu, le Musee des souvenirs de guerre s'imposait. On y presente tout ce qu'il faut savoir sur l'interminable guerre du Vietnam: ses causes, ses etapes, les armes et produits chimiques qui y furent utilises et leurs consequences desastreuses, lesquelles depassent largement le cadre des 17 annees que dura le conflit. Le tout est assorti de temoignages et de photos prises par les journalistes de guerre de l'epoque, ce qui enrichit sensiblement les informations qu'on connait souvent deja. On reste toujours etonne de constater que la guerre du Vietnam supplante la 2e guerre mondiale en terme de bombes larguees, 14,3 millions tonnes contre 5 millions de tonnes, et d'argent injecte, 676 milliards $ contre 341 milliards $. Malgre leur acharnement, les Americains ne sont jamais venus a bout des Vietnamiens. Au Musee de l'histoire, on apprend que les Americains ne sont pas les seuls a avoir essuye un tel revers. Bien avant eux, les Mongols aussi avaient mordu la poussiere face aux Vietnamiens. A travers une vaste collection d'objets, ce musee retrace l'evolution du Vietnam depuis le Paleolithique jusqu'a la colonisation francaise, ce qui offre au touriste l'occasion de mieux situer dans leur contexte les visites a venir: Hue, Hoi An, Hanoi, Hoa Lu... La visite nous a donc donne l'eau a la bouche; il etait temps de commencer a prendre la route pour le Nord.

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