
Aussi drole que ca puisse paraitre, revenir a Bangkok nous a un peu donne l'impression de revenir a la maison. Nous sommes ici en terrain connu, nous connaissons les lieux et savons comment nous y rendre. Contrairement a notre premiere impression, Bangkok nous est apparue cette fois-ci comme une ville plutot propre, comptant beaucoup d'espaces verts et relativement bien structuree, meme sur le plan de son traffic automobile. Manifestement, c'est la comparaison avec PhnomPhen qui nous a conduit a cette relecture. Le simple fait de traverser la frontiere entre le Cambodge et la Thailande nous a fait prendre conscience des contrastes entre les deux pays: telephonie, reseaux routiers, gestion des dechets... la Thailande est beaucoup plus riche que sa voisine et donc plus moderne. Aussi, nous avions hate de retrouver la bouffe thailandaise, un plaisir pour les papilles a prix doux. A tous les coins de rues, il y a moyen ici de se sustenter d'un petit plat plein de saveurs. Je pense que ca commencait a nous manquer. A certains niveaux toutefois, la Thailande nous est apparue differente. D'abord, le climat d'avril n'est pas celui de fevrier. Il marque le debut de la saison des pluies et pour preuve, chaque journee est ponctuee de violentes averses. Il faisait chaud et sec; il fait tres chaud et humide. De plus, la mi-avril est l'occasion pour les Thailandais de feter le nouvel-an: la Songkhran. Pour l'evenement (qui s'etend sur 4 jours), il est coutume de s'asperger d'eau, ce qui est bienvenu en cette periode de canicule. Or, le quartier ou nous logeons est un haut-lieu de celebrations et ici, les gens participent a la fete avec une energie un peu folle. Dans les rues,tout le monde est muni d'un fusil a l'eau dernier cri, d'un sceau d'eau glace ou d'un bol rempli de platre liquide destine a etre tartine dans le visage de quelqu'un. Les touristes sont des cibles de choix. Resultat: il nous est tout simplement impossible de sortir de notre hotel et de faire plus de 5 pas sans nous retrouver detrempes et beurres. Quans nous nous habillons pour la journee, notre tenue de combat c'est notre linge mouille de la veille. Inutile de faire autrement. Puis, nous affrontons le champ de bataille... Plusieurs d'entre vous auront sans doute pu constater que Bangkok est le cadre d'autres affrontements, plus serieux: ceux qui opposent les chemises rouges au gouvernement actuel. Hier, l'etat d'urgence a ete declare; aujourd'hui nous avons vu des tanks circuler dans les rues et des autobus en flamme. Du haut du mont d'or que nous avons gravi, nous pouvions apercevoir d'epaisses colonnes de fumee. Bref, rien de tres rassurant pour nous qui devons prendre l'avion dans quelques jours pour de le Nepal. Il faut se rappeler que la derniere fois, les protestataires avaient decide d'occuper l'aeroport. En attendant la date de notre depart, nous avions quelques projets de visite mais le conge ferrie, combine a ces evenements politiques, nous a amenes a reviser nos plans. Nous nous sommes contentes d'aller a Ayuttaya, question de visiter ses temples. Le site nous est apparu particulierement charmant une fois que le soleil couche,parce que les temples sont alors illumines. A travers la lumiere des projecteurs, nous avons senti que les vestiges nous interpelaient plus directetment, que le passe, en resplendissant dans la nuit, devenait plus puissant, plus pres de nous.


































