lundi 13 avril 2009

De retour en Thailande










Aussi drole que ca puisse paraitre, revenir a Bangkok nous a un peu donne l'impression de revenir a la maison. Nous sommes ici en terrain connu, nous connaissons les lieux et savons comment nous y rendre. Contrairement a notre premiere impression, Bangkok nous est apparue cette fois-ci comme une ville plutot propre, comptant beaucoup d'espaces verts et relativement bien structuree, meme sur le plan de son traffic automobile. Manifestement, c'est la comparaison avec PhnomPhen qui nous a conduit a cette relecture. Le simple fait de traverser la frontiere entre le Cambodge et la Thailande nous a fait prendre conscience des contrastes entre les deux pays: telephonie, reseaux routiers, gestion des dechets... la Thailande est beaucoup plus riche que sa voisine et donc plus moderne. Aussi, nous avions hate de retrouver la bouffe thailandaise, un plaisir pour les papilles a prix doux. A tous les coins de rues, il y a moyen ici de se sustenter d'un petit plat plein de saveurs. Je pense que ca commencait a nous manquer. A certains niveaux toutefois, la Thailande nous est apparue differente. D'abord, le climat d'avril n'est pas celui de fevrier. Il marque le debut de la saison des pluies et pour preuve, chaque journee est ponctuee de violentes averses. Il faisait chaud et sec; il fait tres chaud et humide. De plus, la mi-avril est l'occasion pour les Thailandais de feter le nouvel-an: la Songkhran. Pour l'evenement (qui s'etend sur 4 jours), il est coutume de s'asperger d'eau, ce qui est bienvenu en cette periode de canicule. Or, le quartier ou nous logeons est un haut-lieu de celebrations et ici, les gens participent a la fete avec une energie un peu folle. Dans les rues,tout le monde est muni d'un fusil a l'eau dernier cri, d'un sceau d'eau glace ou d'un bol rempli de platre liquide destine a etre tartine dans le visage de quelqu'un. Les touristes sont des cibles de choix. Resultat: il nous est tout simplement impossible de sortir de notre hotel et de faire plus de 5 pas sans nous retrouver detrempes et beurres. Quans nous nous habillons pour la journee, notre tenue de combat c'est notre linge mouille de la veille. Inutile de faire autrement. Puis, nous affrontons le champ de bataille... Plusieurs d'entre vous auront sans doute pu constater que Bangkok est le cadre d'autres affrontements, plus serieux: ceux qui opposent les chemises rouges au gouvernement actuel. Hier, l'etat d'urgence a ete declare; aujourd'hui nous avons vu des tanks circuler dans les rues et des autobus en flamme. Du haut du mont d'or que nous avons gravi, nous pouvions apercevoir d'epaisses colonnes de fumee. Bref, rien de tres rassurant pour nous qui devons prendre l'avion dans quelques jours pour de le Nepal. Il faut se rappeler que la derniere fois, les protestataires avaient decide d'occuper l'aeroport. En attendant la date de notre depart, nous avions quelques projets de visite mais le conge ferrie, combine a ces evenements politiques, nous a amenes a reviser nos plans. Nous nous sommes contentes d'aller a Ayuttaya, question de visiter ses temples. Le site nous est apparu particulierement charmant une fois que le soleil couche,parce que les temples sont alors illumines. A travers la lumiere des projecteurs, nous avons senti que les vestiges nous interpelaient plus directetment, que le passe, en resplendissant dans la nuit, devenait plus puissant, plus pres de nous.

mardi 7 avril 2009

Angkor






Depuis le tout debut de ce voyage, il etait convenu que nous irions visiter Angkor. Cette ancienne cite qui s'etend sur 400km2 regroupe differents groupes de temples dont la construction s'echelonna entre le 8e et le 13e siecle. Comme nous ne voulions consacrer qu'une seule journee a notre visite et que nous etions a velo, nous avons du limiter nos ambitions a quelques sites, optant en fait pour les plus reputes: Angkor Wat, le Bayon, la terrasse des elephants et Tha Phron. De ces chefs-d'oeuvre de la civilisation khmere se degage une forte impression de grandeur et de puissante. De la meme maniere que devant les pyramides d'Egypte ou les statues de l'ile de Paques, le visiteur moderne tombe vite dans un etat de fascination devant les majestueux temples d'Angkor et est amene a considerer toute l'energie humaine qui a du etre deployee pour en arriver a d'aussi grandioses constructions sans les moyens technologiques que l'on connait aujourd'hui. Entre chacun des ensembles architecturaux que nous avons visites, il y avait des kilometres a franchir dans une foret luxuriante ou il n'etait pas rare de decouvrir d'autres vestiges ronges par la vegetation, emmeles dans les racines des arbres. Ainsi, Angkor porte bien son surnom de foret de pierres. Pour notre plus grand bonheur, nous avons aussi pu constater que, depuis l'Antiquite, le site s'est trouve de nouveaux locataires: des colonies de singes. Bien qu'il soit conseille de ne pas trop s'en approcher parce qu'ils peuvent devenir agressifs et mordre, nous n'avons pu resister a l'envie de les photographier. Heureusement pour nous, ils se sont pretes a cette seance de photo sans trop reagir.

Kampot






Avant de quitter le sud du Cambodge, nous voulions faire un saut par Kampot, petite ville coloniale reputee pour son poivre vert. Dans cette region d'ailleurs, on trouve toute une variete de plats (poisson, crabe, crevette, pieuvre) assaisonnes au fameux poivre de Kampot, fraichement cueilli. Miam miam. Ironie du sort, les plantations de poivre sont aujourd'hui la propriete des Khmers rouges qui se sont recycles dans cette indusrie depuis la mort de Pol Pot en 1998. Refugies dans leur domaine agricole, ils ecoulent des jours paisibles, offrant gratuitement aux touristes de visiter leurs terres. Ainsi, le temps d'une journee, nous avons revetu une autre fois nos costumes de motocyclistes pour vivre l'experience. Rouler dans cette region rurale nous a d'abord plu pour la beaute de ses paysages. Dans le sud du Cambodge, le relief est etonnement plat, permettant ainsi au pays de disparaitre doucement dans la mer. Des palmiers etires vers le ciel et de modestes maisons de bois sont eparpilles ca et la. Au moment de notre viree, il faisait un soleil radieux, l'air etait clair et de voir ainsi le melange de couleurs entre le bleu du ciel, la verdure des terres et les toitures rouges des maison fut un plaisir pour nos yeux. Un peu comme les monteregiennes sur la rive-sud de Montreal, on denombre la quelques sommets eparpilles dans la plaine pour rompre avec l'uniformite du paysage qui s'etend a perte de vue. De formation calcaire, ces sommets cachent souvent des grottes. Lors de notre balade, nous en avons visitees deux.: une premiere abritant un temple pre-angkorien (4e siecle), et une seconde ou la pierre dessine la forme d'un elephant. Mais au-dela des grottes, ce que nous avons decouvert ce jour-la, ce sont les enfants du Cambodge. Depuis leur village, ils nous ont escortes a velo jusqu'a l'entree des grottes et de la, nous ont proposes leur service pour surveiller nos casques et notre moto, trainer nos sacs a dos et nous servir de guides pour la visite. N'ayant pu resister a leur charme, nous avons donc ete initie a la speleologie par un troupeau de petits garcons ages entre 5 et 15 ans. Nos jeunes guides nous ont fait ramper dans d'etroits corridors pendant une trentaine de minutes, nous faisant ainsi visiter differentes salles sous-terraines dont ils ont pris la peine de nous decrire chacune de leurs specificites naturelles. Ici, le stalagmite ressemble a un crocodile, la il y a un coeur grave dans la pierre; ici, il y a une liane pour se balancer et la des chauve-souris. Ne sachant pas trop ou ils nous amenaient ni pour combien de temps, il a fallu se resigner a leur faire confiance. L'aventure qu'ils nous ont fait vivre et leur sourire lumineux ont ete notre recompense.

jeudi 2 avril 2009

Cambodge meridionnal






C'est tant bien que mal que notre bus a reussi a nous emmener de PhnomPhen jusqu'a Kep-sur-mer. Une route digne d'une competition de motocross, la panne irremediable dy systeme de climatisation, un premier arret (20 minutes) pour gonfler les pneus, puis un second (45 minutes) pour reparer la pedale a gaz... et finalement Kep-sur-mer. Il faut remercier les talents de mecanicien du conducteur que nous avons vu disparaitre sous l'autobus alors qu'il faisait bien 40 degres a l'ombre. Kep est une ancienne station balneaire un peu laissee pour compte et par ricochet tranquille. Adossee a des montagnes luxuriantes, nous l'avons aimee pour sa longue promenade qui longe la mer, ses restaurants de poissons et ses allees de tres grands arbres. De Kep, nous avons pris le bateau pour rejoindre la minuscule Koh Tonsay (ile au lapin). Arrives sur les lieux, nous en sommes tombes amoureux: mer bleu au fond sablonneux, hutte de chaume a 5 metres de la plage pour 5$/nuit, produits de la mer frais pour un prix derisoire cuisines par une gentille petite madame, pas de moteur, pas de route, presque personne... en somme tout ce que l'on recherchait avec un petit air de Ste-Lucie en prime. Au depart, nous voulions aller voir du cote de Sihanoukville pour faire de la plage, mais apres reflexion, pourquoi cherche plus loin. Nous venions de trouver notre petit coin de paradis (merci a Joelle et a Alex pour ce conseil). Koh Tonsay a la mauvaise reputation de compter une population de poules et de vaches. C'est vrai que c'etait un peu la ferme a Maturin la-bas(des vaches qui meuglent en passant devant notre hamac et LES chants DES coqs tres tot le matin) mais nous, ca nous a plu. La hutte a cote de la notre etait occupee par un vieux monsieur du Maine, Bill Johnson,. Pour reprendre ses termes: "it's eather confusion or an advice, but its seems to me that here is the best place to be when you want to enjoy beach."

Entree au Cambodge









Notre periple en terre d'Indochine se poursuit au Cambodge, 3e pays sur notre itineraire. La ville de Kratie fut notre premier arret, le temps d'une balade en moto et d'un coucher de soleil. Kratie est une autre de ces villes situees sur les rives sablonneuses du Mekong. Ses couchers de soleil sont particulierement beaux; ils enflamment le ciel au complet qui devient rouge a perte de vue. Perches sur le balcon de notre hotel, un enorme batiment d'architecture coloniale fait de colonnes et d'arches, nous en avons ete les temoins privilegies. Passer par Kratie nous a aussi permis de voir des dauphins d'eau douce, une espece en voie de disparition dont il ne reste qu'une soixantaine d'individus rassembles dans la portion du Mekong qui baigne les villages en amont. Et, dans la lumiere du petit matin, nous sommes alles au marche local voir tous les arrivages de poissons fraichement peches dans le Mekong. Puis nous avons quitte Kratie la paisible pour PhnomPhen la debile. Depuis Bangkok, nous croyions avoir tout vu en matiere de circulation automobile. Mais a cote de sa consoeur cambodgienne, cette derniere a plutot l'air d'une grande fille sage. A PhomPhen, c'est la folie sur deux roues: 3-4-5 personnes qui roulent sur une meme moto, respectant quand bon leur semble le sens de la circulation et les quelques feux. Pour les pauvres pietons que nous etions, se deplacer reprensentait un defi constant. Impossible de marcher sur le trottoir, c'est la que les autos se stationnent; impossible d'attendre les passages pietonniers, il y en a trop peu. Apres quelques seances de pratique, nous en avons conclu que le truc, c'etait de marcher comme s'il n'y avait personne au monde, en faisant completement abstraction des milliers de motos bourdonnant autour de nous. Ainsi, quand nous traversions la rue, nous tentions de le faire avec assurance, en progressant en ligne droite et a vitesse constante. A chaque fois, nous avions l'impression de commettre un suicide, mais a chaque fois, comme par miracle, la masse indistincte de conducteurs autour de nous s'ajustait a notre presence. Neanmoins, nous ne nous sommes jamais adaptes au rythme de PhnomPhen, a sa cacauphonie, sa pollution, sa malproprete. Nous y sommes restes juste le temps qu'il fallait pour visiter le Musee du crime genocidaire. Ce dernier tient lieu a Tuol Sleng, une ancienne ecole transformee en centre de detention et de torture par les hommes de Pol Pot. Au courant des trois annees et demi que dura le regime des Khmers rouges, 2 millions de Cambodgiens perdirent la vie, que ce soit par la torture, l'execution, les travaux forces et la famine. C'est, toute proportion gardee, plus important que le genocide nazi. La devise de Pol Pot etait simple, sans equivoque: il vaut mieux tuer un innocent que de garder en vie un ennemi. Ainsi, tous ceux qui avaient plus ou moins l'air intellos y passaient, peu importe leur sexe ou leur age. Des cheveux longs ou des lunettes etaient des pretextes suffisants. Comme les Khmers rouges avaient le souci des archives, on peut, 30 ans plus tard, prendre connaissance de l'horreur de leur oeuvre a travers leurs registres et les nombreuses photos qu'ils ont prises. On ressort de la visite profondement degoute, ebranle, en se disant qu'il n'y a pas de limites a la folie meurtriere et a l'endoctrinement. Devant toutes ces images de charniers a ciel ouvert, on s'interroge sur la valeur d'une vie humaine. Attendant toujours que les coupables soient juges (un tribunal a finalement ete mis sur pied en 2006), le peuple cambodgien porte les marques de cette periode sombre de son histoire. Ici, 45% de la population a moins de 14 ans. Le musee a ete cree pour leur rappeler qu'il ne faut pas oublier.

Les 4000 iles








Afin de rejoindre le sud du pays, nous avons pris le bus local, pour le meilleur et pour le pire. Avant de nous rendre a destination, nous avons fait maints arrets et pauses, notamment pour embarquer a notre bord les passagers d'un enieme bus en panne. Nous etions entrain de nous dire qu'il etait difficile d'avoir plus chaud et que finalement, ce n'etait pas bien grave qu'il n'y ait pas de toilette a bord puisque toute l'eau de notre corps nous sortait par les pores de la peau pour nous coller a notre siege. Puis, la vue de deux bonnes soeurs chretiennes qui attendaient l'autobus nous a sorti de notre lethargie. C'etait la premiere fois que nous en croisions en Asie. Comme nous arretions pour les embarquer, un bruit particulierement puissant s'est mis a retentir puis a s'amplifier. Sur le coup, nous nous sommes dit que c'etait au tour de notre autobus de trepassser. Puis, comme les deux bonnes soeurs montaient a bord, le bruit est devenu carrement assourdissant. C'est quand elles ont passe dans l'allee a cote de nous que nous avons constate que l'une d'elle tenait entre ses mains un sac, qui devait bien peser 2 kg, rempli a ras bord de cigales. Le bruit d'enfer, c'etait les cigales de la bonne soeur qui chantaient. Elles ont fait le voyage avec nous jusqu'a Siphandone... J'aime bien cette phrase du Lonely Planet pour resumer ce que l'on ressent a s'arreter a cet endroit situe a l'extreme sud du Laos: "Just when you thought your blood pressure couldn't drop anymore, you arrive in Siphandone". L'atmosphere est en effet tres relax a cet endroit ou le mieux qu'on puisse faire c'est lire, se balancer dans un hamac ou se balader a velo. Siphandone signifie 4000 iles. Ces dernieres, particulierement nombreuses en cette fin de saison seche, se dispersent dans les multiples bras du Mekong qui est ici a son plus large. Nous avons elu domicile a Don Det, une ile inscrite au patrimoie de l'humanite de l'Unesco, ou nous avons deniche un sympathique cabanon pour 2$ US/ nuit. A notre disposition: un lit, deux hamacs, une ampoule fonctionnant entre 19h00 et 22h00, deux fenetres sans moustiquaire, une porte et un cadenas pour la barrer. Des velos nous ont permis de decouvrir de belles plages, des chutes, de beaux couchers de soleil et des locomotives abandonnees par les Francais quand ils se sont retires d'Indochine. C'est en fait le seul endroit au Laos ou l'on peut voir un chemin de fer. Long de 14 km, celui-ci permettait aux Francais d'eviter les nombreuses sections de rapides que comptent ici le Mekong et qui rendent sa navigation impossible. Aujourd'hui, il n'en reste rien car les habitants ont depuis recycle les pieces de la voie ferree pour construire leur maison, eriger des clotures... Comme quoi ici, rien ne se perd.

Thakek, Pakse et le plateau des Bolovens






Dans un monde ideal, nous aurions voulu aller trekker et kayaker dans les parcs et reserves naturelles que comptent le Laos. Dans les faits, comme il n'y a pas de cartes de sentiers, il est hasardeux de s'aventurer seul dans ces regions. Il faut faire affaire avec une agence moyennant des prix vraiment prohibitifs: entre 80 et 250 $/ personne/jour. Il faut dire que la tendance ici est a l'ecotourisme, avec tous ses bons cotes. Mais comme 80$, c'est 3 fois le budget quotidien que nous nous sommes fixes, nous avons du nous rabattre sur notre plan B, toujours le meme, louer une moto. L'etat des routes au Laos est juste assez mauvais pour decourager la plupart des touristes de tenter le coup, de sorte que nous avons pu nous promener dans les villages avec l'impression que nous etions parmi les premiers blancs a nous y pointer, que c'etait notre petit terrain de jeu a nous. Quand nous nous arretions pour acheter un breuvage, mettre de l'essence ou prendre une photo, il se fallait moins de 2 minutes pour qu'un atroupement se forme autour de nous. Des regards curieux, des sourires et plein de sabaidee (bonjour). Par exemple, il y a eu ce monsieur si fascine par la pillosite des bras de Jacques qu'il n'a pu s'empecher de le flatter et d'offrir a sa petite fille d'en faire autant. Visiblement apeuree, elle a recule. Drolement, meme quand nous faisions une pause en plein milieu de nulle part pour regarder notre carte, quelqu'un finissait par surgir pour nous aider ou simplement s'assurer que tout allait bien. En fait, selon nos lectures, les Laotiens se sentent responsables de la securite des gens qui passent par leur village. D'ailleurs, le soir il est conseille de ne pas s'aventurer trop loin a l'exterieur des villages pour ne pas les inquieter. Il parait surprenant qu'un peuple qui a autant subi la guerre, celle des autres, soit aussi gentil a l'egard des etrangers. A ce sujet, il n'est pas anodin de savoir que le Laos detient le triste record mondial de la plus grande quantite de bombes larguees, 500 kg par habitant. Il faut remercier pour cette oeuvre les B-52 americains. Enfin, il est difficile de ne pas mentionner l'extreme pauvrete de ce pays. Si l'agriculture occupe 75% de la population, elle leur permet tout juste de subsister. Pour preuve, dans les villes les itinerants se promenent complement a poil. Comme quoi il est impossible d'etre plus pauvre qu'eux. Le paysan laotien moyen, lui, se situe juste avant dans l'echelle de la pauvrete, vivant avec un maigre 2$ par jour. Pas surprenant qu'ici on mange de tout: insectes (qui occupent une bonne part de l'alimentation en comblant les besoins en proteines), oeufs de fourmis, ecureuils, lezards, chauve-souris, porc-epics, rats... Sillonner les routes laotiennes nous a aussi permis de voir quelques merveilles naturelles (une grotte de 200m de profondeur cachee au pied d'une falaise, un petit lac aux eaux emeraudes alimente par une source sous-terraine, des chutes dont l'une de 200 m) et de decouvrir deux regions. La premiere, l'arriere-pays de Tha Kaek, est traversee par un imposant massif karstique qui en fait l'un des plus beaux sites paysagers du Laos. La seconde, le plateau des Bolovens, est une region fertile reputee pour la culture du cafe et ses chutes impressionnantes. En somme deux beaux coins de nature. Mais ce que nous avons surtout retenu, ce sont les gens, chaleureux. Voyager dans leur pays nous ramene periodiquement au meme constat: ici on vit le plus simplement du monde, avec presque rien. Et pourtant, il se degage une serennite et une joie de vivre qu'on retrouve rarement par chez nous. C'est sans doute un lieu commun de dire qu'il y a quelque chose de superflu et de futile dans le mode de vie occidental et dans les besoins qu'il engendre. Il reste que depuis deux semaines, c'est cette idee qui nous traverse le plus souvent l'esprit. Parfois, on se surprend a envier les gens qu'on croise dans les campagnes, aussi insense que ca puisse paraitre. On aurait envie de s'arreter quelques jours chez eux pour partager leur quotidien et leur lenteur. Evidemment, le paradoxe c'est qu'eux aussi, depuis leur hamac, ils nous envient.