








Luang Prabang a la reputation d'etre la plus belle ville du Laos. Elle a d'ailleurs ete classee par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanite. Fraichement desencastres de notre slowboat, nous n'avons pas eu a marcher bien longtemps dans ses rues pour etre frappes par son charme architectural et son cadre naturel privilegie (au confluent du Mekong et du Nam Tam). Elle s'inscrit dans une categorie a part. De nombreux travaux de restauration aidant, elle comprend un joli centre historique qui met en valeur des batiments de l'époque coloniale n'ayant pas plus de deux etages de hauteur. Dans les rues, pas de voitures, quelques motos et beaucoup de velos. Tout est propre, paisible et harmonieux. Rien a voir avec les villes thailandaises, invariablement crasseuses. Si la Thailande est le seul pays d'Asie du sud-est a avoir su resister a la vague colonisatrice, le Laos lui y a goute. L'epoque de la presence francaise est sans doute la plus marquante et on en voit encore largement les traces aujourd'hui. Ici, on joue a la petanque, on mange des baguettes, la poste s'appelle La Poste et il est possible de se commander une petite bouteille de vin un peu partout (moyennant un prix malheureusement exorbitant). Nous avons profite de notre sejour a Luang Prabang pour sillonner les rues de la ville; apres une journee, nous les avions toutes marchees. Le lendemain, nous nous sommes donc loue des velos pour aller voir les chutes de Kuangsi situees a 35 km, esperant traverser sur notre chemin quelques villages. Les chutes en question sont vraiment splendides, feeriques meme, se deversant dans la jungle du haut de leur 50 m pour se terminer en une serie de cascades coulant doucement dans des bassins d'eau turquoise. Tres invitant pour la baignade. Quant a la randonne de velo, elle nous a permis de traverser des villages Hmong, ethnie tres presente dans le coin. Ces temps-ci, ceux-ci s'adonnent a leur corvee annuelle: les brulis. Village apres village, nous les avons vu en rang le long des routes: le peleton du devant coupant la vegetation, celui du milieu faisant des tas que le groupe fermant la marche enflammait. L'on comprendra que, par consequent, la region de Luang Prabang est completement emboucannee. D'ailleurs, ici il pleut des cendres de vegetation. Ou qu'on soit, on a l'impression de se trouver du mauvais cote d'un feu de camp, celui ou toute la fumee nous arrive dans le visage. Pedaler dans de telles conditions est un peu debile mais nos difficultes respiratoires ont ete largement compensees par les enfants qui, tout au long de la route, se ruaient vers nous par troupeaux pour nous saluer ou nous taper des high five. Pour terminer notre journee en beaute, nous sommes alles nous relaxer dans une petite maison offrant des saunas aux herbes et du the a volonte, le tout pour la somme ridicule de 1,5$. Nous allions nous ennuyer de cette sympathique ville.
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