mercredi 11 mars 2009

Balades en moto a partir de Chiang Rai (Vallee de Mae Sae, Mae Salong, Chiang Saen)















Considerant que la moto constituait un moyen commode et peu onereux de visiter, tout en nous permettant de jouir d'une certaine autonomie, nous avons decide de faire de Chiang Rai, avant-derniere etape de notre periple en Thailande, notre camp de base pour explorer les provinces du Nord. La ville en soi est petite et detendue, peut-etre ce que fut Chiang Mai il y a quelques annees. On y retrouve, encore une fois, quelques jolis temples, mais a ce chapitre, nous commencons a etre satures et un peu insenbiles. Le wat Rong Khun, tout de blanc, aura toutefois reussi a nous interpeler. Malgre son cote un peu kitch, son eclat et ses nombreux details en font une oeuvre impressionnante. L'arriere-pays quant a lui est de toute beaute. C'est une region montagneuse et rurale, parsemee de villages habites par des tribus montagnardes (akha, lishu, karen en particulier). Les gens y vivent comme si le temps s'etait arrete quelque part entre le neolithique et le moyen-age. Les outils qu'ils utilisent pour cultiver la terre sont des plus rudimentaires, tout comme leurs maisons. En fait, presque tout ici est fait en bamboo, un materiau solide et durable. Leur maniere de cultiver la terre a flanc de montagne confere beaucoup de charme au paysage; on dirait une courte-pointe geante ou chaque plantation est un motif distinct. Parmi les plantes cultivees figure le pavot, a partir duquel on extrait l'opium. Cette drogue a ete a la base de l'economie de la region jusqu'a recemment. Pour avoir visite le musee des tribus et le Hall de l'opium, nous savons maintenant qu'on produit annuellement 2500 tonnes d'opium chaque annee dans le triangle d'or, qu'il faut 3000 fleurs de pavot pour produire 1,6 kg d'opium et 10 kg d'opium pour faire 1 kg d'heroine. Encore aujourd'hui, les aines fument l'opium; par contre chez les jeunes, c'est plus mal vu. Le gouvernement cherche en fait a insuffler un vent de changement dans la region en mettant sur pied differents programmes de developpement aupres des communautes rurales et en les initiant a des cultures de substitution. A Mae Salong par exemple, c'est le the. Cette ville au caractere chinois tres marque, fondee par des resistants chinois du GMD en 1949, etait consideree comme le fief de l'opium. Le grand caid Khun Sa y habitait d'ailleurs. Lors de notre passage, nous y avons trouve des salons de the... et de tres nombreux officiers de police. Ceux-ci exercent une surveillance tres serree dans la region, au point ou on se sent pratiquement dans un etat policier. Par exemple, quand nous roulons a moto ou prenons l'autobus, nous sommes systematiquement soumis a des points de controle. Mais manifestement, les touristes ne les interessent pas trop, en tout cas pas nous. Pour notre part, nous avons surtout eu droit a leur sourire. En fait, ils se montraient tellement souriants envers nous qu'a un certain moment, nous nous sommes demandes si en fait ils ne riaient pas de nous. Il faut dire que notre agence de location de moto nous avait gentiment prete les casques les plus horribles de toute la Thailande. Combines aux foulards que nous portons desormais devant le visage pour nour proteger un peu de la fumee des brulis, nous avions vraiment l'air de deux grosses fourmis de l'espace. Une photo en atteste d'ailleurs et il est interdit de rire en la regardant.

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