









La baie de Halong et ses 3000 iles sont l'un des symboles du Vietnam et un passage oblige pour tout touriste en terre d'Indochine. Comme tout le monde, nous avions eu un avant-gout de sa grande beaute en photos et au cinema. Nous nourrissions donc de grandes attentes et nous entrevoyions d'y vivre l'un des moments forts de notre voyage. Et bien, nous n'avons pas ete decu, loin de la. La baie de Halong s'est avere etre encore plus magnifique que nous l'avions imagine, plus grandiose dans la realite que dans nos reves. Pour visiter les 1500 km carres de mer sur lesquels elle s'etend, il n'y a pas beaucoup d'options. La formule la plus agreable, la plus pratique et aussi la plus rentable consiste a se bouquer une croisiere a partir de Hanoi, ce que nous avons fait. Alors que de nombreux touristes se plaignent d'avoir eu a affronter certains desagrements durant leur croisiere, au rang desquels des rats dans leur chambre ou une bouffe infecte et insuffisante, notre destin a nous fut des plus plaisants, heureusement. Nous sommes comme on dit tombes sur le bon numero. Notre bateau, le Christina Cruise, etait etincelant de proprete, nos repas, gastronomique et abondant. D'ailleurs, nous avons eu le plaisir de les partager avec un couple de Vietnamiens vivant a Paris, donc parfaitement francophones, avec qui nous avons eu des conversations fort enrichissantes. Parmi les moments les plus beaux de notre croisiere figure nos premieres heures de croisiere au cours desquelles nous avons decouvert avec emerveillement les paysages qui s'ouvraient devant nos yeux, domines par la teinte emeraude d'une mer a perte de vue. Et puis il y avait toutes ces iles, uniques et imposantes, sculptees par l'action conjuguee du vent et des vagues. Devant nos yeux elles formaient un royaume majestueux ou la nature est reine. En raison de leur relief vertigineux et lde eur petitesse, elles n'ont pas ete investies par les hommes. Ces derniers doivent se contenter de les apprecier depuis leurs embarcations ou, pour certains, leurs villages flottants. Aussi peut-on affirmer de la Baie de Halong qu'elle est un lieu relativement bien preservee. Comme nous sommes en Asie, nous nous serions attendu a y voir des dechets flottant a la surface de l'eau, mais non. Comme si tout et chacun etait sensible a l'inestimable valeur qu'elle representait. Autre moment agreable: notre balade en kayak de mer qui restera sans doute mon plus beau souvenir de la croisiere. C'etait en fin d'apres-midi, le soleil descendait lentement a l'horizon mais etait encore assez fort pour chauffer notre peau qu'une brise fraiche venait temperer. Cette heure de la journee est ma preferee car la lumiere est alors oblique, ce qui permet aux couleurs de s'affirmer avec tout leur eclat. L'eau, les falaises, la vegetation constituaient alors des entites bien distinctes aux contrastes tres nets. Et nous voila qui glissions doucement sur la surface de l'eau, longeant les parois rocheuses pour y decouvrir des cavites, des grottes. Ceux qui ont deja tente l'experience savent combien le kayak de mer est un moyen de deplacement agreable, propice a la detente et la contemplation. Notre balade nous a amenes a traverser un veritable tunnel de stalagtites pour deboucher sur un plan d'eau interieur, situe en plein coeur d'un des massifs kastiques. L'endroit etait a l'abri de tout: du vent, des vagues, des autres bateaux. Apparemment, seules les hirondelles avaient decouvert le secret de cet endroit. On pouvait les entendre par centaine a leur chant melodieux qui emplissait l'air. Nous nous sommes arretes un bon moment pour ecouter ce concert. C'etait un moment magique. Plus tard, apres le souper, nous nous sommes inities a la peche a la seiche. La technique qui nous fut proposee, peu efficace, consiste a laisser pendre un bidule vert fluorescent arme de crochets, question d'attirer notre proie avide de lumiere. Donc, en resume: baton de bambou, fil de peche et bidule vert... rudimentaire. Grace a ma perseverance, j'ai attrape deux prises, un record parmi notre equipee, mais pas de quoi nourrir qui que ce soit a sa faim. Le gros fun commence quand on sort la seiche de l'eau car, pour se defendre, elle a le tres charmant reflexe de projeter de l'encre ou elle le peut. Les jets (au pluriel) sont assez puissants considerant la taille de la bete et le liquide en question, noir et visqueux comme du petrole. Comme depuis ma tendre enfance, j'ai toujours eu ce don particulier mais tout a fait involontaire pour me salir plus que les autres, j'etais bien barbouillee quand la soiree de peche s'est terminee. Mais au moins, je pouvais raconter avec preuve a l'appui que j'avais eu une peche "prolifique".
1 commentaire:
Je suis d'accord avec toi que tu as toujours eu tendance a te salir plus que les autres, je constate que tu n'as pas change;toujours aussi intense et passionnee dans ce que tu entreprends. Jacques a-t-il pris des photos de cette peche memorable?
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